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Mets-toi ça dans la tête ! (Chapitre 1) - Technopedagogy

Les meilleures stratégies d’apprentissage à la lumière des sciences cognitives. A l’usage des étudiants et de leurs enseignants

Synthèse du livre  « make it Stick ! The Science of Successful Learning». Par Peter Brown, Henry Roediger (PhD) et Mark Mcdaniel (PhD). 2016

Synthèse réalisée par Dr. Khalid Boutahar

Note d’introduction

Passionné par la psychologie de l’apprentissage rapide et efficace, et conscient des difficultés que les étudiants rencontrent dans ce parcours, je suis toujours à l’affût des dernières recherches sur le sujet. « Make it stick ! » est probablement  le meilleur ouvrage sur les recherches récentes au sujet des méthodes  efficaces d’apprentissage, méthodes qui respectent les processus naturels de fonctionnement du cerveau humain, que j’ai eu entre les mains depuis un certain temps. J’ai eu donc le désir de partager ce que j’ai retenu, et surtout le confronter avec mes propres pratiques.

Par ailleurs, me considérant moi-même comme un bon apprenant, j’étais curieux de savoir si, de manière inconsciente, je pratiquais au moins une partie des « techniques » recommandées par ces auteurs. Je me suis surtout référé à mon expérience d’apprentissage des langues (Français, anglais et allemand) : la mienne et celle de fille qui parlait couramment anglais dès l’âge de 8 ans (mieux que moi en tout cas) alors qu’elle n’avait encore jamais reçu de cours de la part de « professeurs ». En effet, elle et moi avons utilisé les méthodes « l’anglais en 90 jours » et « Assimil ». Par ailleurs, j’ai toujours attribué mon « bon » niveau de français à ma passion précoce pour  la bande dessinée (en noir et blanc, des années 70) et les romans d’aventure, alors que mes professeurs recommandaient des « ouvrages plus sérieux » mais beaucoup moins passionnants pour moi. C’est cette confrontation d’expériences, et la perspective de pouvoir « faire mieux encore » qui m’a encouragé à faire ce résumé.

Bon courage et…Bonne lecture !

Présentation de l’ouvrage

Paru en 2016 dans sa version d’origine, cet ouvrage (328 pages), travail collectif de deux professeurs de psychologie et un romancier, synthétise les dernières découvertes scientifiques sur les processus d’apprentissage (sciences cognitives) depuis leurs débuts dans les années 60. Le livre se veut un condensé des « méthodes et stratégies éducatives rigoureusement mises à l’épreuve des faits dans de réelles situations d’apprentissage ». Il part d’une interrogation simple : « comment aider les enseignants et les étudiants avec les connaissances actuelles à la disposition de la science ? ».

L’avant propos du livre commence par ces quelques lignes : « les gens sont assez largement dans l’erreur en ce qui concerne les questions d’apprentissage : la plupart des méthodes d’apprentissages pratiqués se révèle, une fois passée au crible du test scientifique, comme un véritable perte de temps et d’énergie…au mieux, ces techniques se révèlent loin d’être optimales, y compris celles utilisées par les étudiants en médecine, dont le métier est précisément d’apprendre beaucoup et vite »…Choquant pour un début, n’est ce pas ?

Les deux auteurs venant du monde de la recherche cognitive précisent : « nous avons fait équipe avec un romancier pour écrire ce livre pour expliquer le plus simplement possible comment fonctionne la mémoire et l’apprentissage, et ce en racontant des histoires de personnes qui ont accédé à une réelle maitrise en matière d’apprentissage…plutôt que d’exposer les résultats de nos recherches ». et de conclure : « nous avons écrit ce livre pour les étudiants et leurs enseignants, ainsi que pour tous ceux pour qui un apprentissage efficace constitue une priorité »…donc un livre pour moi (troisième catégorie visée par les auteurs). 

Chapitre 1 : Learning is misunderstood (l’apprentissage : ce méconnu)

“It’s wise to be skeptical. Advice is easy to find, only a few mouse- clicks away. Yet not all advice is grounded in research—far from it” (page 23)

«En matière d’apprentissage,  Il est sage d’être sceptique : les conseils pullulent, à portée de clics, mais peu sont ancrés dans la recherche scientifique, en fait, très peu le sont ! »

Les auteurs annoncent dès ce premier chapitre ce qu’ils entendent par « apprentissage » : « par apprentissage, nous voulons parler d’acquisitions de connaissances et de compétences, ainsi que de leur disponibilité dans notre mémoire au moment ou nous en avons besoin dans des situations futurs »…et de préciser : « nous devons continuer à apprendre et à mémoriser toute notre vie ; progresser dans sa carrière nécessite la maitrise de certaines compétences professionnelles, techniques et managériales (comme gérer des collègues ou des clients difficiles)…si vous êtes doué pour apprendre, cela vous donne un avantage dans la vie ».

Ce que les auteurs affirment dès ce premier chapitre :

  1. Apprendre est une compétence…mais les stratégies d’apprentissage les plus efficaces sont souvent contre-intuitives.
  2. « L’apprentissage est plus durable et plus profond lorsqu’il exige des efforts : apprendre sans efforts c’est comme écrire dans le sable…d’où l’importance de comprendre que chaque fois que l’apprentissage est difficile, cela signifie que  le travail accompli est important». C’est ce que j’ai appris personnellement avec les méthodes « l’anglais en 90 jours » et « Assimil : l’allemand facile en 90 jours » : tout « bon » apprentissage (durable et efficient) prend du temps et exige de la consistance dans ses efforts (s’efforcer de parler, écrire et traduire dans une nouvelle langue par exemple)…au moins pendant 90 jours sans interruption…comme un début !
  3. Les apprenants évaluent mal la qualité de ce qu’ils apprennent parce qu’ils évaluent mal la pertinence de leurs stratégies d’apprentissages. Ils sont « à l’aise » dans ce qu’ils font et ne se posent pas la question de savoir s’il y a des stratégies plus « optimales » d’apprentissage. Ainsi, les pratiques les plus courantes des étudiants se résument à une stratégie d’apprentissage sous forme de « lecture répétée et apprentissage massé » juste avant les examens. Cette stratégie, appelée « bachotage», est efficace à très court terme (pour passer un examen), mais se révèle complètement inefficace à moyen et long terme. « Le cerveau n’est pas un muscle qui se travaille avec de l’exercice », précisent les auteurs. Es ce pour cela que peu d’étudiants ont appris correctement une langue à l’école ?
  4. « La remémoration, sous forme de mini-quiz, lors de l’apprentissage est une stratégie plus efficace». C’est l’une des bases des méthodes 90 et Assimil ! un quiz après chaque séance (30 mn environ) et un « grand » quiz tout les 10 lessons.
  5. Lorsqu’on alterne le travail sur deux sujets (ou matières) différentes, le travail est rendu plus difficile mais plus durable et « permet des applications ultérieurs plus diversifiées ». En somme, « un apprentissage varié, alterné et bien distribué est de loin plus efficace qu’un apprentissage massé ».
  6. « On apprend mieux en élargissant au maximum, en puisant dans toutes ses capacités et toutes ses ressources». A titre d’illustration, un étudiant peut commencer par prendre l’habitude de ne pas se contenter de ce qu’il reçoit en classe, d’alterner avec un cours similaire sur Youtube (vidéos), de comparer ses notes avec les notes d’un ami, et en se posant la question sur les applications pratiques possibles (et les circonstances d’applications) de ce qu’il a appris.
  7. Les apprenants apprennent mal quant-ils n’arrivent pas à donner un sens à leurs nouvelles connaissances ou quant-ils n’arrivent pas à les relier à ce qu’ils savent déjà. C’est, à mon humble avis, en grande partie la faute aux professeurs, mais également la faute au système d’enseignement académique qui ne décrit pas le pourquoi et le comment (enchainement des leçons, relation avec les autres matières). C’est probablement ce que Simon Sinek (conférencier en management) expliquait dans son ouvrage (un best-seller) « Start with  WHY ? » (accessible sur you Tube) : le « pourquoi ? » est le cœur de l’apprentissage car il lui donne un sens. ensuite seulement se pose la question du « comment ?»(découpage de l’apprentissage en séquences liées, exposé théorique, expérimentation).. et à la fin se trouve le « quoi ? » (la matière, la leçon à enseigner ou à apprendre)..

Pour donner un « sens » à ce qu’il apprend, l’étudiant doit être capable d’en parler (le synthétiser ?) avec ses propres mots, et d’expliquer (toujours avec ses propres mots) comment les nouveaux concepts sont reliés  avec ceux qu’il connaissait déjà (chapitre ou leçon précédente). Cela s’appelle « élaborer ».

  1. Seul un investissement actif dans l’apprentissage peut conduire à un apprentissage à long terme. Intuitivement, je comprends cette assertion : de part mon expérience, les meilleurs apprenants sont toujours plus actifs dans leur apprentissage : ils ne se contentent pas du cours en classe, cherchent ailleurs, posent des questions, racontent des expériences en liaison avec le contenu à apprendre, et sont les premiers à lever la main pour répondre aux questions de leurs professeurs et se proposent volontiers pour mener des recherches en dehors de la classe.
  2. Tout nouvel apprentissage nécessite un fondement de connaissances préalables. Cela pourrait sembler évident et qui découle du bon sens, et pourtant ! combien d’élèves se jettent sur les « exercices » avant de s’assurer qu’ils ont bien compris la leçon en cours et les leçons qui l’ont précédées…et que dire de ces « cours de soutient » presque exclusivement basés sur les exercices « fréquemment posés lors des examens » ?
  3. « les gens qui apprennent à extraire les idéesclés d’une nouvelle leçon ou une nouvelle matière, à organiser ces idées-clés en un modèle mental, et à relier ce modèle à leurs connaissances antérieures ont un avantage sur les autres apprenants (classiques) : ils acquièrent une maitrise (et non un faux sentiment de familiarité comme c’est souvent le cas).
  4. L’exposition (même répétée) à des connaissances nouvelles ne conduit pas à l’apprentissage. Des millions d’immigrés de tout horizons, installés aux USA depuis des années ne parlent ni ne comprennent l’anglai. Plus près de nous, il en est de même pour des milliers d’élèves qui, chaque année, un baccalauréat en poche, sont incapable de comprendre, de lire ou de s’exprimer correctement en français (sans parler de l’anglais)…et pourtant, ils ont reçu des cours (ont été exposés à) pendant des années !. Morale de l’histoire (je cite) : « l’idée selon laquelle une exposition répétée permet de mémoriser (d’apprendre) est donc erronée, et ceci est bien étayé par les études ».

Recommandations du premier chapitre à l’usage des étudiants

« Même les étudiants les plus sérieux sont handicapés par (a) leur incapacité à identifier les points qu’ils ne connaissent pas, et (b) leur préférences pour des méthodes de travail qui génèrent une fausse impression de maîtrise »

A chaque leçon, chapitre, nouveau apprentissage, veuillez procéder comme suit :

  • Concevoir une liste des nouveaux concepts/ idées-clés

2-  Prendre chaque nouveau concept et tester sa compréhension en le définissant avec ses propres mots dans un paragraphe (re-frormuler différemment de préférence)

3-Pensez à traduire les concepts principaux en une série de questions. Y répondre à la fin de la leçon, ainsi que quelques jours après (espacer en 2 à 3 périodes). Les étudiants qui ne se testent pas eux-mêmes ont tendance à surestimer leur maîtrise d’un cours. Pensez à cette « auto-évaluation » comme un bon outil de mémorisation et d’apprentissage. « Une des meilleurs habitudes qu’un apprenant puisse prendre, est celle de l’auto-évaluation afin de mettre à jour régulièrement sa compréhension de ce qu’il sait ou na sais pas encore »

4- Mettre en liaison les nouveaux concepts avec d’anciens concepts que vous connaissez (maitriser) déjà.

5- Chercher d’autres exemples/ lectures/vidéos des concepts nouvellement acquis

 

A retenir (et à mémoriser)

« Il reste beaucoup à apprendre en matière d’apprentissage »

« il est vrai que nous démarrons dans la vie avec nos gènes, mais il est également vrai que nous progressons par l’apprentissage et le développement de modèles mentaux qui nous permettent de raisonner, résoudre et créer »

« Avoir peur de commettre des erreurs, de perdre la face ou de ruiner son image d’élève intelligent, est un obstacle majeur à la curiosité, aux expérimentations, et un obstacle avéré pour retrouver la motivation après un échec »

« Je n’ai pas échoué, j’ai juste trouvé 10000 solutions qui ne fonctionnent pas » – Thomas Edison

« la croyance que le cerveau est un muscle qu’on peut entrainer relève d’un « neuromythe » répandu. En fait, le cerveau n’est pas un muscle, mais on peut améliorer sa capacité en adoptant de bonnes stratégies et de bonnes attitudes »

« Beaucoup de gens pensent que leur capacité d’apprendre est une donnée innée…Or, à chaque fois que vous apprenez quelque chose de nouveau, vous transformez votre cerveau : le produit de vos expériences est mémorisé ! »

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